L’alimentation Bio est un sujet complexe. Nous sommes sollicités de toutes parts pour le mieux manger, manger plus équilibré, manger plus sain etc… Suite aux années de grande distribution, de surconsommation, d’hyper-industrialisation de notre société, la tendance actuelle incite à revenir au plus sain, au plus « vrai ».

Et cette nouvelle attitude de consommation n’est pas une simple tendance, car il y a un sens dans cette démarche. En 50 ans le budget moyen alimentaire des français est passé de 40% à 15%. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, une tendance a envahi notre société : manger ne doit pas coûter cher ! Cette phrase est un paradoxe en elle-même. Manger est un besoin fondamental pour notre santé, ce que notre corps absorbe doit être maitrisé, il est absurde de croire l’inverse. Mais c’est ainsi, l’hyper-industrialisation a permis à notre caddie de course d’être moins cher. Certes, mais à quel prix ?

Aujourd’hui, nous y revenons. Les études des scientifiques font peur : pesticides, engrais chimiques, absence de nutriments. Les alertes sur les cantines scolaires, les légumes et fruits (dont les cultures sont souvent hors-sol et ne bénéficient donc pas des bienfaits de la nature), la traçabilité de la viande ou du lait… Bref, les études actuelles nous font pâlir et pour cause ! Aujourd’hui, la France est le 3e pays consommateur de Bio. En 2014, selon l’agence Bio, 9 Français sur 10 avaient consommé du Bio au moins occasionnellement, avec une augmentation de + 13% par rapport à 2013.

Mais manger Bio n’est pas une mince affaire non plus ! Il est important de déterminer dans quelle démarche nous nous inscrivons. En effet, dans les supermarchés, il y a l’utilisation de la mode du Bio : tous les produits deviennent Bio, nous n’avons plus qu’à choisir et à souffler bien fort car les prix sont élevés.

Or, manger Bio n’est-ce pas plutôt s’inscrire dans une démarche locale, une démarche qui a un sens et qui invite à revoir ses habitudes alimentaires ?

Consommer Bio au quotidien c’est s’inscrire dans une démarche à 3 volets.

Préserver notre terre !

Tout d’abord, cela signifie prendre en considération la planète. A nous de devenir acteurs de notre société ! La culture Bio est respectueuse de l’environnement. Elle se fonde sur les cycles naturels des sols et organise les rotations agronomiques en fonction des sols et de leurs richesses et non en fonction du besoin immédiat de l’agriculteur. L’agriculture biologique vit réellement au rythme des saisons. De plus, elle n’utilise pas d’engrais chimiques et agence même ses cultures pour puiser dans les richesses de la nature au maximum, sans la contraindre ou forcer son processus naturel. Les engrais naturels utilisés ne nuisent pas à la qualité de l’eau, à la fertilité des sols ou à l’environnement : la biodiversité est respectée et entretenue. L’équilibre biologique est respecté.

Héraclite disait : « la santé de l’homme est le reflet de la santé de la terre ». Notre corps et la planète sont intimement liés à nous d’en prendre conscience.

Préserver notre santé !

Ensuite, notre santé ! Manger Bio c’est prendre soin de soi tout simplement. Phtalate, bisphénol A, mercure, dioxine… sont autant de substances toxiques que nous retrouvons dans les aliments des chaînes alimentaires classiques. Une liste de composants dangereux qui nous glace le sang ! De plus, nous avons tendance à faire la confusion entre deux choses. Manger équilibré – ni trop gras/salé/sucré, consommer de l’eau et des fruits et légumes… – ne veut pas nécessairement dire manger sain ! Les fruits et légumes peuvent provenir de cultures hors-sol abusives, la viande peut contenir des hormones/farines animales/antibiotiques, les épices peuvent être irradiées… Manger équilibré : oui, manger sain : c’est mieux !

Manger bio !

Manger Bio, c’est garantir une alimentation saine. La culture biologique n’utilise pas d’engrais, de pesticides, de résidus chimiques, de nitrates, de métaux lourds, d’OGM… De plus, les circuits de distribution sont courts ce qui limite le danger de la contamination des aliments.

Une alimentation de qualité est un facteur d’équilibre pour notre organisme et est à l’origine d’une bonne santé. L’important dans notre alimentation est d’équilibrer l’apport en nutriments et l’apport en énergie – calories. Or, les aliments Bio contiennent plus de nutriments et de substances protectrices que les autres aliments en général (polyphénols, antioxydants…). Les aliments Bio sont reconnus pour leurs teneurs en vitamines et minéraux supérieures aux autres aliments – en effet, les légumes cultivés en plein champ poussent avec le soleil, l’eau de pluie… et puisent leur énergie dans le sol vierge de toute attaque chimique.

De plus, le Bio repose sur la saisonnalité ce qui garantit des fruits et légumes de saison au goût plus savoureux. Au-delà de l’aspect santé, manger de saison offre un rapprochement avec la nature et de la saveur dans nos assiettes. S’approvisionner le week-end auprès des artisans locaux pour cuisiner en famille : une pause sympathique non ?

Enfin, consommer Bio, c’est soutenir les artisans locaux. L’agriculture biologique favorise la création d’emplois dans nos campagnes, ce qui a pour effet de ralentir le phénomène de désertification. Les exploitations ou élevages sont à taille humaine, respectueux de l’environnement et en conséquence engagés. En consommant Bio, nous soutenons ces artisans qui travaillent dans le respect de l’environnement, les circuits de distribution courts et le développement rural. Selon l’agence Bio, « l’analyse régionale fait ressortir une progression générale du nombre de producteurs et des surfaces engagées. Les surfaces en conversion se développent de nouveau dans la majorité des régions. » A nous de soutenir ces artisans courageux !

Consommer Bio est donc une démarche qui a un sens. Mais aussi un coût ? Les Français ont tendance à trouver l’agriculture Bio trop onéreuse. Parlons du coût des produits Bio mais aussi du coût de leurs vertus ! Il faut prendre la question du prix dans sa globalité. N’oublions pas que la démarche de consommation Bio est une démarche pérenne.

Certes, l’agriculture biologique est plus onéreuse : elle impose un travail des sols plus long car les engrais chimiques ne viennent pas accélérer le processus, les animaux ont une alimentation à base d’aliments plus sains et de matières bruts provenant des sols et de produits Bio ce qui a un coût, tout est moins mécanisé ce qui impose un supplément de main-d’oeuvre, les circuits sont propres à l’agriculture Bio afin de respecter le produit jusque chez le consommateur, sans compter la certification de la chaine de production biologique.

Mais consommer Bio c’est consommer différemment. L’apport nutritionnel des aliments Bio est bien plus riche, nous avons donc moins à compenser avec d’autres aliments ou avec davantage de quantité ce qui nous pousse à moins consommer. De plus, nous sommes invités à rééquilibrer nos repas en mettant à l’honneur le pain, les céréales complètes, les fruits et légumes de saison…

Oui, il est possible de consommer Bio avec le même budget. Seul coût de ce changement : rééquilibrer son alimentation dans sa globalité !

Consommer Bio, c’est entrer dans une démarche respectueuse et respectable qui a un sens.